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“Trois quarts de films en moins” : Canal+ se lance dans un bras de fer avec le gouvernement

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Invité de RTL, le président de Canal+ a fait entendre que la hausse de sa TVA aurait de lourdes répercussions sur son investissement dans la création française. “On sera nécessairement dans une situation où on devra réduire les coûts”.

Le bras de fer entre Canal+ et le ministère de l’Économie est engagé. Il y a quelques jours, Bercy présentait son projet de loi finance aux parlementaires avec pour objectif de réduire la dette à 5%. Comme il n’y a pas de petites économies, tous les secteurs seront touchés. La culture n’est pas épargnée, puisque le ministère de l’Économie prévoit de revenir sur la TVA de Canal+. Depuis ses débuts, la chaîne de télévision bénéficie d’un taux à 10%. Il pourrait passer à 20%. Une augmentation qui représenterait une perte de 200 millions d’euros sur une année.

Si Canal+ prévoit déjà d’augmenter ses prix pour compenser ce manque à gagner, ce ne sera pas le seul sa participation à la création française serait largement revue à la baisse. Canal+ vient de conclure un accord avec les organisations du cinéma qui prévoit un investissement de près d’un milliard d’euros sur cinq ans. Un accord qui caduc si cette hausse de la TVA de Canal+ est votée.

“L’engagement qu’on a avec les organisations du cinéma, la première des clauses, la contrepartie du financement du cinéma par Canal+, c’est le taux de TVA réduit. On n’a même pas besoin de le renégocier, le contrat tombe. Donc oui, il y aura un contrat avec le cinéma qui va mécaniquement tomber”. 

“Trois quart de films en moins”

Selon Maxime Saada, son budget annuel pourrait passer de 200 à 50 millions, mettant trois quarts des films actuellement financés sur le carreau. Canal+ est le premier financeur du cinéma en France, loin devant ses concurrents. En 2025, Canal+ avait investi 163 millions d’euros dans 148 films français et préfinancé 104 d’entre eux.

Une situation que craignaient les organisations du cinéma, qui alertaient sur les conséquences d’une telle manœuvre sur un secteur déjà fragilisé. Dans une lettre adressée à Emmanuel Macron, elles interpelaient l’exécutif sur les effets dramatiques qu’une telle mesure pourrait avoir “sur l’équilibre économique l’ensemble de la filière cinématographique”.

Maxime Saada conclut sur son espoir de “faire changer la trajectoire de ce texte”. Il annonce que Canal+ va discuter avec les parlementaires qui vont étudier le projet de loi de finances. “Rien n’est joué”. À noter que ce n’est pas la première fois que le groupe détenu par Vincent Bolloré menace de revoir ses investissements dans le cinéma français à la baisse. Maxime Saada avait déjà évoqué une baisse de ses financements au moment de la signature d’un accord entre Disney+ et les organisations de l’audiovisuelle, accord qui lui permettait de bénéficier d’une fenêtre de sortie SVOD de 9 mois pour ses films, contre 17 selon la chronologie des médias.

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